Un dernier « sprint », un petit 550 km et ce soir je retrouve mon lit, au coeur du Plateau. Je suis sur le pilote automatique, alors je me répète mon nouveau mantra en boucle, « focus le gros, FO-CUS ». Je continue à voir des paysages de rêves, mais comme je reviens en territoire connu, et que je suis impatient de retrouver la maison, je ne prends à peu près pas de photo. J’ai cependant sur la GoPro un coucou d’une baleine qui est venu me dire au revoir, alors que j’étais écrasé contre le pavois du traversier, à prendre des images de la Saguenay, après des milliers de km en bord de mer, j’ai enfin vu une belle baleine de proche! Je ne sais pas trop pourquoi, mais c’est vraiment émouvant à voir ces bêtes-là.
Je me répète un brin plus fort « FOCUS LE GROS! » en passant sur le lieux de l’accident mortel tout récent, à la hauteur de la Petite-Rivière-Saint-François, en pensant, un peu plus fort à Pascal. Je me rapproche de la ville, bientôt je quitterai la ligne droite de la 138 pour traverser Québec, j’ai besoin de faire réparer mes clignotants, arrêt chez AS Moto Kawasaki de Château-Richer, où la vieille KLR se fait rafistoler pendant que je relaxe avec le mont Sainte-Anne bien en vue.

Avec mes beaux flashers qui fonctionnent je peux traverser la ville de Québec et me diriger vers ma terre natale, Sorel, en passant par la terre natale de mes parents, Lanaudière. Avant d’atteindre le traversier à Saint-Ignace-de-Loyola, je me taperai quand même un bel orage bien généreux en pluie sur la 40, dernier soubresaut d’inconfort avant de retrouver ma douche chaude et mon lit douillet.

Mais j’atteins finalement Saint-Ignace-de-Loyola et son traversier, où j’ai eu le plaisir de travailler pendant de nombreuses années. Je passe donner de mes nouvelles à mon papa côté Sorel, et prendre un bon café dans la maison qui m’a vu grandir, avant de prendre la 30. J’ai droit à un super coucher de soleil sur la Montérégie, moins spectaculaire que le Labrador, mais voir Montréal sur la ligne d’horizon, c’est quand même joli. Très joli même.
Je rentre à la maison en début de soirée, août sur le Plateau c’est chaleureux mon vieux, en tous cas, pour moi ce l’est beaucoup; c’est la maison. Une blonde rassurée de me revoir, des enfants sautillant d’excitation. Les oreilles remplies des échos de moteurs, vagues et rires, les yeux fatigués d’horizons, bleus, gris, verts, je dépose mes sacs poussiéreux, j’ouvre une bière, « c’était malade! »