Jours 3 à 13 – 21 au 31 août 2019 – Îles-de-la-Madeleine – La mer

Mer

La mer, bien sûr. Culture et patrimoine sont deux des principales raisons qui m’on fait choisir les îles comme destination, mais la mer est la raison première. Je m’ennuie de la mer en ville, et ces vacances m’offre ma dose de mer. J’ai eu un avant-goût en prenant le pont de la Confédération la veille de mon atterrissage à Cap-aux-Meules, mais ce n’était qu’une entrée, quasiment à vol d’oiseau. Mais ami.e.s Facebook se rappellent que je lévitais, bien haut au-dessus des flots:

 

Et comme je suis arrivé à Souris la nuit tombée, c’est après avoir été bercé par lui lors de la traversée nocturne, que mon regard se pose enfin sur lui, dans la splendeur du soleil levant, l’Atlantique, notre océan à nous.

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Îles-de-la-Madeleine, 24 août 2019

Je me rappelle comme si c’était hier de la première fois que j’ai vu l’océan. Après avoir roulé de nuit, une famille de 6 dans un gros Chrysler New-Yorker brun. Ce genre de voiture dont le capot donne un bonne idée de l’étendue d’une mer, avec des petits clignotants culminant au loin devant, comme deux phares sur des presqu’îles parallèles dans la nuit du Maine.

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Îles-de-la-Madeleine, 27 août 2019

C’était les années ’70, quatre enfants pouvaient facilement dormir dans ce paquebot-auto en route vers l’océan: un devant, la tête sur les cuisses de Nicole qui flattait tes cheveux pendant que LR flattait tes orteils; un derrière la banquette avant, sur un sleeping monté à la hauteur de la banquette arrière, sur des glacières et sacs de vêtements, un lit improvisé presque aussi large que ton lit à la maison; un troisième sur la banquette arrière, la moins exotique des places, certes, mais assurément la plus confortable (sauf quand le quatrième dormeur te tombait dessus de tout son long); le quatrième dormeur finalement (sans compter Nicole, l’adulte à l’avant qui commençait à ronfler au coin de la rue Dupré), le plus chanceux, derrière le siège arrière sous la vitre en pente douce, avec vue sur la valise arrière du Chrysler, presque aussi longue que le capot démesuré, et surtout, avec vue sur les arbres dans le noir de la nuit du Vermont/New-Hampshire/Maine. De cette place de choix tu pouvais confirmer par soirs de pleine lune que la lune suivait les Bergerons fidèlement, de Sorel à l’océan. Et de temps à autres, avec un peu de chance, LR croyant apercevoir un orignal ou un pick-up sortant du bois, il freinait un peu trop brusquement et le dormeur du haut plongeait sur les deux dormeurs du bas, et tout le monde ronchonnait, et tout le monde reprenait sa place en souriant dans le noir.

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Îles-de-la-Madeleine, 28 août 2019

Ma première fois, c’était au petit matin, avant de  passer au terrain de camping où nous allions passer la semaine, fatigués et couettés, le pas lent mais les yeux brillant. il y avait peu de touristes, il était tôt. Le temps était un peu gris, des restants de brume atténuant le soleil de juillet. C’était un temps calme, mais plus on approchait, et plus la puissance des vagues, même petites, se faisait entendre. Petit à petit, l’horizon sans fin se découvrait, et la fraicheur de l’eau et du large m’a caressé le visage. Les pieds gelés par l’Atlantique Nord, l’odeur qui t’envahit, c’est un parfum de vie qui remonte de la pré-histoire et te chatouille des parties du cerveau dont tu ignorais l’existence. The rest, comme on dit dans le Maine, is history. Tu es accro à l’océan.

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Îles-de-la-Madeleine, 27 août 2019

Quarante ans plus tard, tel que décrit dans mon récit de la traversée, la première chose que je fais en sortant du bateau, malgré la fatigue, c’est d’aller me planter la grosse face dans le soleil, face à la mer (fatigué, couetté, le pas lent mais les yeux brillants). Toute la fatigue de la route, tout le stress du monde ne sont pas de taille contre le réconfort donné par un lever de soleil aux Îles-de-la-Madeleine.

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Îles-de-la-Madeleine, 28 août 2019

Je passerai 10 jours de rêves, collé sur la mer, au creux de ses bras. Il y a environ 80 km de route entre les deux points extrêmes des îles, en dix jours j’ai roulé environ 1000 km à moto. Avec la mer en pleine face, souvent avec le vent qui me brassait, toujours avec mon regard ébahi d’enfant de 10 ans couetté.

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Îles-de-la-Madeleine, 28 août 2019
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Îles-de-la-Madeleine, 24 août 2019

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