Parmi tous les jours spéciaux de ce voyage, aujourd’hui est un jour spécial spécial: on prend la mer! L’aspect maritime de ce voyage est une des principales raisons qui m’ont motivé à embarquer. Aujourd’hui on ne se contentera pas de longer l’eau, nous y voguerons, sur la belle Bella Desgagné.


Nous arrivons tôt en matinée au quai de Blanc-Sablon pour finaliser les procédures d’embarquement. François avait réservé nos places à bord, repas inclus et cabine avec deux lits pour la nuit que nous passerons à bord. Une belle croisière pour les motards pendant que les motos seront bien attachées dans un container qui sera empilé parmi des dizaines d’autres en poupe de Bella [insérer blague douteuse de poupe à Bella pour Rhugob version 18+].

L’arrivée du bateau est glorieuse, sous un soleil pétant et une mer scintillante. Vous saviez que j’ai un passé de marin? Pendant ces années lointaines où je parkais des autos sur le traversier entre Sorel et Saint-Ignace-de-Loyola, dans mon modeste passé de marin, matelot de la Société des traversiers du Québec, sur notre fleuve dans sa modeste version soreloise, j’appréciais particulièrement cette portion de journée; le dernier tiers de l’avant-midi, après le beau doré du petit matin, mais avant le plein soleil de mi-journée qui blanchit tout. Quand il fait beau, comme ce 11 août 2017 à Blanc-Sablon, et qu’il y a un bon vent, pas trop à contre-courant, la surface de l’eau se couvre de prismes qui donnent un party de lumière blanche quand les rayons du soleil s’y précipitent. On navigue sur une boule disco géante, les yeux plissés, le coeur gonflé.



Spectaculaire Québec marin
Nous déposons nos sacs dans la cabine et filons sur le pont. Une belle houle fait légèrement tanguer le gros bateau, créant de belles grosses gerbes d’écume et d’embruns à la proue ensoleillée. Je suis comblée, dans le Québec marin, regardant défiler le Nitassinan immémorial, notre basse Côte-Nord, tout en bas du grand fleuve, sous son plus beau jour.



Nous nous adaptons à ce rythme relax, alternant entre siestes, promenades sur les ponts, lecture dans le salon et… délicieux repas! (Du homard! Party!) La Bella Desgagné est un bateau à double vocation; c’est une beau bateau de croisière, confortable, avec un équipage aux petits oignons avec ses passagers, mais c’est aussi un lien vital, source de ravitaillement pour les villages isolés de la basse Côte-Nord. Nous arrêterons sur notre trajet dans plusieurs villages; premier arrêt, Saint-Augustin/Pakuashipi.

L’approche de notre première escale est spectaculaire. Le bateau ralentit pour négocier son passage au milieu d’un chenal parsemé d’îles. Après un après-midi dans la lumière blanche, les vagues et les vents du large, nous naviguons vers le soleil couchant, dans une lumière dorée, tout doucement. Tous les passagers ou presque sortent sur le pont supérieur, les gens parlent tout bas, comme dans une église, l’ambiance feutrée devient presque mystique. On passe de bâbord à tribord, le kodak en feu, en nous souriant béatement, entre inconnus, hochant de la tête avec notre face de « Heille! Wow! As-tu vu ça?! »

Au milieu de ce paradis, sur une pointe rocheuse, tout au bord de l’eau, aucune habitation en vue, un Innu grille une cigarette et nous salue, tout sourire, roi du monde.


À l’approche du village le bateau fait un large virage en U pour accoster. Nous descendons prendre une marche, sur une route de gravier qui monte légèrement. Un tipi blotti entre les arbres est accessible aux visiteurs. Un jeune étudiant rencontré sur le bateau, nous accompagne François et moi, et nous montre comment reconnaître la chicoutai et le thé du Labrador que nous dégustons sous les derniers rayons du soleil.


Nous remontons à bord dans la lumière bleue, entre chien et loup. Nous reprenons le large en direction de La Tabatière, village que je ne verrai pas cette nuit, bien endormi, le sourire aux lèvres.

Les photos sont incroyables! Wow! Je ramasse ma mâchoire…
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Merci! 🙂 Et bien évidemment, aucune photo ne peut rendre justice à l’immensité du moment vécu, c’était mystique!
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