Jour 1 – MTL-RDL, 19 août 2019

Si la tendance Labrador 2017 se maintient, je finirai de vous raconter mon périple aux Îles-de-la-Madeleine 2019, d’ici septembre 2021. Mais bon, commençons toujours, on verra si je peux faire un peu plus vite cette fois-ci.

Objectif Cap-aux-Meules, solo-moto

Vacances! C’est parti pour un premier long voyage de moto depuis le désormais MYTHIQUE voyage Labrador/Côte-Nord 2017. L’an passé j’ai bien fait le tour de la Gaspésie, mais je l’ai fait, peinard, dans une Smart louée parce que ma vieille moto était confinée au garage. Cette année je m’y suis pris plus tôt, et surtout par moi-même, comme un grand garçon adepte de Zen And The Art of Motorcyle Maintenance (ils aiment y aller fort de la majuscule les anglos, sont comme ça); j’ai réparé ce qui clochait avec la moto, surtout le problème de puissance qui me chicotait depuis longtemps (c’était un problème de carburateur: diaphragme endommagé, en plus d’un tuyau de prise d’air qui était d’un diamètre trop petit). Bref, la moto est prête, mais jusqu’au départ je stresse. Je stresse à cause des mes bagages (trop) et je stresse à cause de Flo qui doit garder mon chien Lucy (folle (Lucy folle, pas Flo)).

Hier je me suis couché à minuit, finissant mes bagages in extremis, et ce matin Florence pleure; fatiguée, elle vient de se faire confirmer au téléphone que son porte-monnaie n’a pas été trouvé dans le bus hier soir, comme elle espérait. Évaporé le porte-monnaie, avec cash et moult cartes. Mais elle finit par se calmer, elle va retirer du cash au guichet (avec ma carte, eh) pendant que je finis de paqueter mes trop nombreux bagages sur ma noiraude. Retardé par une belle averse, je prends finalement la route. Souriant finalement.

Sorel

Direction Sorel pour un petit-déjeuner chez mon papa. Je rattrape presque l’averse qui a fait son chemin devant moi, la route étant de plus en plus mouillée à mesure que j’approche de Sorel. Mon père m’accueille avec un petit déj de champion: oeufs, patates rôties, croissants aux amandes, fruits, fromage et chocolat noir. On jase de tout, de rien. Comme chaque fois, il a l’air content de me voir prendre la route.

Je quitte Sorel pour Rivière-du-Loup à 11h00, plus tard que prévu mais bien nourri. Je choisis de rester sur la route 132 tout le trajet, et je ne le regrette pas. La première portion du trajet me replonge dans mes souvenirs, déclenchés par cette route qui abrite tant de mes racines. Je repense aux Blondins à l’approche de Nicolet, et à cette ex qui m’a brisé le coeur dans ma jeune vingtaine (après me l’avoir pimpé quand même, expérience positive au final). Je revis mon stage chez Molson (oulala), je replonge dans les voyages du Club de natation et mes années à l’Université Laval, alors que j’empruntais cette route si souvent.

Après Nicolet et Bécancour, je trace mon chemin sur une 132 moins connue de moi. Bien que proche de Sorel, je traverse plein de petits villages dont les noms ne me disent rien. La journée avance rapidement sans que je le réalise, une partie de mon cerveau étant occupée à me garder en vie, l’autre naviguant dans les souvenirs et la poésie de la toponymie québécoise. Je passe ainsi, à sauts de crapaud, de la rive sud de Trois-Rivières à la rive sud de Québec. Déjà le fleuve commence à border la route timidement. Je me félicite d’éviter les ennuyantes 20 et 40 grâce à cette belle route qui tutoie notre grand cour d’eau.

Vue sur Trois-Rivière.

Vis-à-vis Québec, je traverse la banlieue à deux liens, parenthèse moche sur le chemin pittoresque. C’est pourtant ici que j’arrête dîner, puisque les derniers villages traversés n’avaient pas de places ouvertes et qu’il est déjà 14h30, le brunch à LR commence à être loin. Aussitôt le burger végé made in Lévis consommé, je repars en bas du fleuve.

Dès que je sors des dédales de gris Tim Hortons et pylones mornes, je retrouve le fleuve et ses villages. Le fleuve de plus en plus mer, les villages de moins en moins connus. Comme toujours sur la route, je suis bien; comme toujours à moto, je souris.Je m’extasie, souvent à voix haute dans mon casque (« ta-bar-nak, woooow »), des beautés de ma patrie.

L’Anse-à-Gilles

Puis, dans une courbe vers la droite qui vient baiser le flanc du fleuve, à l’Anse-à-Gilles, avec cette lumière d’un après-midi d’août sur l’eau, les montagnes de Charlevoix se mettent sur le bout des pieds pour me montrer discrètement qu’elles sont là, elles laissent entendre qu’elles me voient entre les arbres géants qui abritent les petits chalets de bois de l’Anse, en un flash mon coeur s’emplit, déborde dans mes poumons qui se gonflent de bien, de bon. Cet endroit, ce moment, portail vers un bien-être que j’imagine les poteux et les méditeux atteindre dans leur pratiques respectives.

L’Islet, Saint-Denis-De La Bouteillerie et Kamouraska

Kite à l’Islet.

C’est un supplice de ne pas arrêter à la multitude d’arrêts routiers aménagés, ou aux nombreux points de vue impromptus sur le fleuve. Je me laisse tenter à l’Islet où j’admire un duo d’adeptes de kitesurf s’épivarder solide dans les forts vents. Après l’Islet, franchement pas laid, et Saint-Jean-Port-Joli, fort joli, j’égrène un chapelet de villages dont les noms forment un poème géographique: Village-des Aulnaies, La Pocatière (La Poc pour les habituées), Rivière-Ouelle, Pointe-aux-Orignaux, et, juste avant Kamouraska, blotti, caché sur le flanc de ce joli repli terrestre qui longe la 20 à cet endroit et sur lequel la 132 surfe, au grand plaisir des amateurs de moto, Saint-Denis-De La Bouteillerie. Non mais quel nom! Google Map l’étrique, le bâtardise en le limitant au sobre « Saint-Denis », alors que tout le panache est dans « De La Bouteillerie », pas fier de toi Google Maps. Ce village au nom glorieux, sachez le, de ce que j’ai ressenti en y roulant bien en deçà de la limite de vitesse, n’a rien d’un Saint-Denis tout nu, et tout d’un vrai lieu unique comme son nom complet: Saint-Denis-De La Bouteillerie.

Je traverse ensuite le beaucoup moins discret Kamouraska, qui il faut le dire, porte un nom tout aussi glorieux, quasi-mythique celui là. Si j’avais la chance ésotérique de discuter quelques minutes avec la ou les personnes qui se sont entendus pour dire « OK. Icitte, manquablement que ça fera une belle place pour se bâtir », je leur dirais: belle job la gang.

La Kamouraska est pas mal plus en vue que sa voisine De La Bouteillerie, ce qui apporte un plus lourd trafic de boomers avec les manches de chandail nouées autour du cou, mais ça va, elle a le coffre pour encaisser l’assaut.

Saint-André et Rivière-du-Loup

Saint-André-de-Kamouraska, 19 août 2019

Après avoir dépassé le Tête d’Allumette sans m’arrêter (faut faire des choix, c’est loin les Îles!), j’ai un autre rush de bien-être, comme à l’Anse-à-Gilles, bien-être offert gratis par la lumière, le fleuve, les champs et les buttes du Bas-du-Fleuve.

Notre-Dame-du-Portage, 19 août 2019.

Je m’arrête encore pour quelques photos, d’abord en bord de route, puis dans une halte routière à quelques km de ma destination du jour. Les gens de Rivière-du-Loup sont fiers de leurs couchers de soleil, et pour m’accueillir ce 1er soir de vacances, le ciel, les nuages et le couchant livrent la marchandise.

Notre-Dame-du-Portage, 19 août 2019.

Pour ce voyage où le camping bercera l’essentiel de mes nuits, je me suis réservé une chambre d’hôtel pour cette première nuit. Après mon sprint de job pré-départ et 432 km de route, je voulais un lit confortable pour une grosse nuit de récupération avant le gros trajet de demain: Rivière-du-Loup/Souris. Je dépose donc mes bagages en début de soirée à l’hôtel, et je vais souper à la sympathique microbrasserie Aux Fous Brassant.

De retour à ma chambre, je me coule un bain brûlant. Je suis en vacance.

4 réflexions sur “Jour 1 – MTL-RDL, 19 août 2019

  1. Kamouraska 🥰 assurément c’est du délire cet endroit!!!
    Mon rêve pour ma retraite..

    Merci pour ce petit résumé entre 2 clients ..tu m’as permis de rêver et réaliser encore et encore à quel point notre Québec est magnifique ..
    Étant sur la route du Québec depuis 15 ans ..je peux te confirmer qu’il y a tellement d’endroits à couper le souffle..
    On a rien à envier à qui que ce soit !!
    Profites bien ,amusez-toi et respire
    XX

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  2. Cher cousin, toujours aussi efficace en mots et en images!! Le bien nommé « voyage mythique » m’habite encore. Je suis à nouveau à l’étranger et réduit à rouler en scooter 125cc. Je m’ennuie de nos puissantes machines (tout est relatif). Au plaisir de lire la suite… François

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